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Les Pharma-Biotechs : premier client industriel des fournisseurs du laboratoire

Le 31 Octobre 2017

Les Pharma-Biotechs : premier client industriel des fournisseurs du laboratoire

L’industrie pharmaceutique et les sociétés de biotechnologies de santé représentent le premier client industriel des fournisseurs de laboratoire et le second segment de marché au global après les laboratoires académiques. L’étude conduite par Alcimed pour le CIFL en 2017 fait apparaître une industrie traversée par des évolutions structurelles (réorganisation de l’activité, nouvelles technologies, réglementation, etc.) impactant fortement la demande des laboratoires en fournitures et services, avec une importance croissante des sociétés de biotechnologies dans l’économie générale du secteur.  

Un segment de marché clé pour les fournisseurs de laboratoire

Le segment pharma-biotechs intègre d’une part les activités de R&D et de contrôle qualité réalisées par les laboratoires de l’industrie pharmaceutique et leurs sous-traitants, regroupées sous la notion d’industrie pharmaceutique. Avec un effectif total en France estimé à 13 700 ETP en R&D et 3 600 en contrôle, ces acteurs représentent un volume d’achat en fournitures et services aux laboratoires évalué à 310 M€ pour l’année 2017. Ils réalisent ainsi 75% des achats totaux  du segment.

Le segment pharma-biotechs intègre ensuite les sociétés de biotechnologies développant des produits de santé, dont les achats sont estimés à 100 M€ pour 2017.

Avec plus de 400 M€, dont 80% dans la R&D, les entreprises de la pharma-biotechs occupent une position centrale sur le marché des fournitures de laboratoire puisqu’elles représentent au global environ 20% de ce marché. Elles forment un tissu couvrant l’ensemble du territoire français, même si des bassins d’activité se détachent toutefois, comme l’Ile-de-France ou les anciennes régions Rhône-Alpes et Haute-Normandie.

 

Une demande en fournitures impactée par des évolutions structurelles

Si l’importance du segment pour les fournisseurs de laboratoire reste une constante, il connaît des mutations profondes qui ne sont pas sans impact sur les produits et services proposés. Ces évolutions peuvent être technologiques – la médecine personnalisée vient renforcer l’attrait des technologies de séquençage du génome par exemple – mais elles sont également économiques et réglementaires.

Dans un souci de rationalisation, les laboratoires pharmaceutiques externalisent de manière croissante leur R&D vers les CRO et les sociétés de biotechnologies et la production vers les CMO et les producteurs de principes actifs. Ce recours à des « tiers » entraîne un transfert progressif des budgets de fournitures par un effet de vases communicants, avec à la clé de nouvelles attentes. À titre d’exemple, les besoins des CMO s’orientent vers de l’instrumentation plus robuste, capable de supporter des volumes importants d’analyse.

Au sein même de l’industrie pharmaceutique, la rationalisation se traduit par des démarches de lean management visant à améliorer la précision et rapidité des analyses autant que la maniabilité des instruments. L’optimisation des HPLC, les logiciels de data integration, le développement de matériels plus compacts et ergonomiques ou de systèmes de détection pouvant utiliser plusieurs types de réactifs sont autant de points de réflexion et d’attention aujourd’hui.

En parallèle, les exigences de qualité au niveau des médicaments produits se durcissent au niveau réglementaire (accréditations de la FDA, nouvelles normes de traçabilité des produits, etc.), générant pour les laboratoires du secteur une complexité d’analyse et de gestion. Les attentes sont donc fortes pour des solutions de détection facilitée et affinée des impuretés des substances actives, ou des solutions de conseil personnalisées auprès des sociétés de biotechnologies qui ont rarement les ressources nécessaires en interne pour décrypter l’impact des évolutions réglementaires sur leurs matériels.

Les biotechs tirent le marché

Ce mouvement de rationalisation et d’optimisation au sein de l’industrie pharmaceutique a des impacts concrets sur les volumes d’achat. La tendance à la baisse constatée depuis quelques années devrait ainsi se poursuivre à horizon 2020. Si les budgets de fonctionnement (consommables, réactifs) devraient être épargnés, l’instrumentation pourrait être particulièrement touchée après une vague d’investissements en 2012 et 2013. La maintenance constitue également un poste en voie de rationalisation chez plusieurs leaders du segment.   

Le dynamisme des sociétés de biotechnologies dans la R&D en France, aux processus d’achat généralement moins optimisés, devrait néanmoins compenser ces perspectives défavorables. Les années 2015 et 2016 ont en effet été particulièrement fastes, à l’image de la levée de fonds de 80 M€ réalisée par Genfit en octobre 2016 ou l’accord de plus d’un milliard d’euros signé par Innate Pharma avec AstraZeneca pour le développement de médicaments en oncologie. Les perspectives sont très favorables à court et moyen-terme, avec notamment l’effet levier attendu du Fonds d’accélération des biotechnologies en santé.

Par ailleurs, certains acteurs de l’industrie pharmaceutique montrent un dynamisme particulièrement fort de leur R&D et de leur production en France, à l’image de Servier qui devrait ouvrir en 2020 un centre de recherche et innovation sur le campus de Paris-Saclay pour un investissement total de 240 M€. Les CDMO affichent également de bonnes performances économiques. Ce sont autant de gisements de valeur potentiels pour les fournisseurs du laboratoire à court terme.