Espace adhérents
CIFL Comité interprofessionnel des fournisseurs du laboratoire

5 questions à Daniel WEIZMANN

Le 27 Avril 2020

5 questions à Daniel WEIZMANN

5 questions à Daniel WEIZMANN – président du CIFL (Comité Interprofessionnel des Fournisseurs du Laboratoire) et de Forum LABO :

1/ Monsieur WEIZMANN, quel sera l’impact de cette crise sur le Marché du Laboratoire ?

DW : Cette crise aura des impacts positifs sur la prise de conscience pour les citoyens et les entreprises de la nécessité de mettre la sécurité sanitaire au cœur de nos préoccupations.

Concernant le Marché du Laboratoire, notre profession envisage une année 2020 avec une baisse d’activité de 5 à 10 % en moyenne qui ne sera pas forcément compensée par un regain d’activité en 2021. Les TPE-PME du secteur en ressortiront très affaiblies, notamment celles travaillant principalement avec le secteur académique qui seront particulièrement touchées.

On attend, suite à cette crise, un réinvestissement soutenu dans le domaine médical, la recherche et le réindustrialisation nationale mais cela mettra beaucoup de temps pour amortir l’impact de la crise de 2020.

2/ Quels sont les secteurs d’activité les plus demandeurs de solution ? / quels sont les secteurs à l’arrêt ?

DW : Les secteurs d’activité les plus demandeurs de solutions sont ceux qui restent mobilisés durant cette crise du COVID-19 et qui sont en première ligne : tous les secteurs de la santé (hôpitaux, laboratoires d’analyse privés, cliniques, laboratoires de recherche en virologie et immunologie,  laboratoires vétérinaires…), l’industrie pharmaceutique, le traitement d’eau, les industries chimiques et le secteur agroalimentaire…

Les secteurs à l’arrêt sont, dans une large majorité, les laboratoires publics (notamment plusieurs EPST), ainsi que de nombreuses industries ( automobile, aéronautique, …).

3/ Quelles sont à ce jour, les principales difficultés rencontrées par les fournisseurs ? par les clients ?

DW : Pour nos clients, les principales difficultés rencontrées sont liées aux difficultés d’approvisionnement sur des produits-clefs pour leur sécurité (gants, masques, tous les équipements de sécurité individuelle) et pour leur activité de laboratoire (certains produits chimiques comme l’éthanol et l’isopropanol, des consommables tels que les tubes et les écouvillons…). Nos clients ont aussi une forte pression liée à la sécurité de leurs employés qui entraîne la fermeture de nombreux sites. Pour ceux qui poursuivent leur activité, les mesures sanitaires à respecter représentent un vrai défi.

Pour les fournisseurs : la perte de Chiffre d’Affaires liée à la fermeture de nombreux sites va avoir des conséquences durables sur leur trésorerie. La gestion des effectifs en télétravail ou en chômage partiel est également compliquée à piloter. Enfin, les fournisseurs sont confrontés aux mêmes problématiques d’approvisionnement que leurs clients pour les EPI et pour les produits liés à la recherche et au dépistage du coronavirus. La logistique (transport et livraison) est un facteur supplémentaire de coût et de tension.

4/ Comment la profession du Laboratoire répond-elle à ces nouveaux défis ?

DW : Nous allons devoir repenser notre modèle d’organisation du travail , accentuer notre focus sur la sécurité dans le laboratoire et adapter notre offre produit.

L’organisation du travail :

  • Mettre en place, dans toutes les entreprises, des plans de continuité d’activité
  • Réfléchir à intégrer le télétravail comme élément essentiel de la gestion des collaborateurs, tout en maintenant un lien social dans l’entreprise et avec les clients

Le focus sur la sécurité dans nos entreprises et les laboratoires :

  • Anticiper la sortie progressive du déconfinement
  • Mettre en place des mesures sanitaires à long terme : gestes barrières et distanciation sociale
  • Eviter une seconde phase de contamination

Adapter l’offre produit, notamment :

  • L’automatisation de la préparation d’échantillon pour extraire l’ADN
  • Les consommables liés au prélèvement, à la conservation et aux tests (tubes, écouvillons, milieux de transport)
  • Les EPI pour protéger tous ceux qui prélèvent et testent
  • L’augmentation de la production de kits PCR ou de nouveaux tests sérologiques et virologiques
  • Le développement de nouvelles technologies utilisant par exemple la spectrométrie de masse, la microscopie électronique, le séquençage… pour aider à la compréhension du virus, à la recherche et à la production de vaccins adaptés…

Une plus grande coopération entre fournisseurs sera probablement nécessaire à l’avenir pour proposer une offre complète, sans rupture.

Nous devrons également préserver ou reconstituer rapidement la trésorerie des entreprises, notamment pour les PME les plus impactées par la crise.

5/ Comment la profession du Laboratoire se mobilise t-elle pour l’après-crise ?

DW : notre profession devra imaginer des diversifications et continuer à assister la science dans ses recherches.

Nous devrons tout d’abord nous appuyer sur nos compétences en interne et mettre en place des programmes de motivation et de sensibilisation de nos salariés afin de garder tous nos talents et d’empêcher une déconnexion des équipes entre elles et avec nos clients.

Il faudra ensuite apprendre de cette crise pour renforcer et améliorer nos plans de continuité d’activité.

Le gouvernement a mis en place des facilités et des soutiens pour les entreprises qui vont limiter les conséquences néfastes de la crise et nous permettre de redémarrer plus vite.

Le CIFL est aussi présent pour assister ses adhérents, les informer, leur permettre de ne pas se sentir seuls dans cette crise.

Enfin, la tenue de Forum LABO à Lyon, les 7 et 8 octobre prochain, nous permettra à tous de renouer le contact si nécessaire avec nos clients et nos équipes pour construire ensemble l’après-crise et l’avenir du Laboratoire…